Impacts socioéconomiques
Nord-du-québec et décrochage scolaire
Impacts socioéconomiques
Le Nord-du-Québec, un caractère unique
Le Nord-du-Québec pose des défis uniques en matière de décrochage scolaire, notamment en raison du développement territorial de la Jamésie. L'immense territoire, les communautés éloignées les unes des autres, la présence des communautés cries, la jeunesse de la population, l'importance de l’exploitation des ressources dans notre économie, tout cela donne à notre région un caractère, mais aussi des enjeux bien particuliers.
Nos communautés ont des trajectoires distinctes. Selon qu'elles soient fondées sur l’exploitation de la terre, des ressources naturelles ou de l’hydroélectricité, la nature de leur économie varie. De même, l'enracinement de nos populations est variable; certains ont choisi un projet de vie, tandis que d'autres vivent un projet de travail. Tout cela fait en sorte que nos communautés se développent à des rythmes différents et ont des préoccupations différentes. Certaines sont des carrefours vivants de travailleurs, d'autres sont en processus de revitalisation ou de relance, certaines sont en période de transition.
Ces disparités peuvent alourdir la tâche quand vient le temps de canaliser et gérer le développement de projets collectifs pour notre région.
Toutefois, en matière de décrochage, l'enjeu nous concerne tous. Parlons-en !
Impacts multiples du décrochage scolaire
La persévérance scolaire est une préoccupation relativement récente. Avant les années 1970, plusieurs quittaient l’école très tôt, ce qui était considéré normal puisque le travail manuel était prédominant et puisqu'il fallait bien « gagner sa vie ». Il le faut bien aujourd’hui encore, mais désormais, les emplois exigent une main-d’œuvre qualifiée. Globalisation des marchés, concurrence internationale, libre-échange... Ce ne sont plus des réalités éloignées, et de plus en plus souvent, nos emplois n’exigeant pas de qualification sont comblés par ceux qu'on appelle les « pays en émergence », où les coûts de main-d’œuvre sont moindres.
Les personnes qui ne possèdent pas les qualifications minimales sont ainsi appelées à être exclues d’un marché du travail de plus en plus exigeant… En 1998, le taux de chômage chez les personnes n’ayant pas complété leurs études secondaires était de 15 %, alors qu’il était de 10 % chez les détenteurs d’un diplôme d’études secondaires, de 5,8 % chez ceux ayant complété des études collégiales et de 5 % chez les titulaires d’un diplôme universitaire.
Le décrochage est donc une problématique bien de notre temps qui a des impacts préoccupants et visibles en matière de main-d’œuvre. Cela étant dit, ses enjeux vont bien au-delà de ces aspects. Il a été démontré que le phénomène est beaucoup plus complexe et a des liens ou répercussions à bien d’autres égards : pauvreté, santé, implication citoyenne…
Tableaux tirés des Actes des premières journées interrégionales sur la persévérance scolaire et la réussite éducative, 2008.

Tableau tiré des Actes des premières journées interrégionales sur la persévérance scolaire et la réussite éducative, 2008.
Décrochage scolaire : un problème insoluble ?
Bien sûr, le décrochage scolaire est un problème social qui ne sera jamais parfaitement résolu. Mais il a atteint au Québec des proportions qui en font une problématique sur laquelle il est urgent de se pencher. D'autant plus qu'on a affaire à un cercle vicieux : le décrochage aggrave la situation qui en est elle-même la principale cause, la pauvreté. Dans une province qui est déjà l'un des territoires les plus pauvres de l'Amérique du Nord, et en ce qui nous concerne, dans une région où la pauvreté est déjà trop présente.
Il est bien et valable d'examiner les problèmes sous un angle global, théorique et administratif. On aura toujours besoin de données factuelles... Mais ce que l'expérience démontre, c'est toute l'importance des initiatives locales. Grâce à de telles initiatives, plusieurs écoles ont réussi à faire baisser de façon importante le taux de décrochage. De quoi inciter la Jamésie à ne pas baisser les bras, et à retrousser ses manches en faveur de la persévérance scolaire !
Les interventions et les efforts collectifs peuvent porter fruit !

Tableau tiré des Actes des premières journées interrégionales sur la persévérance scolaire et la réussite éducative, 2008.
